[Traduction] Je ne vous installerai plus de logiciels

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Ce texte est une traduction d’un billet très intéressant du camarade Okhin, de Telecomix. L’original est sous licence WTFPL, ainsi que cette traduction.

Je ne vous installerai plus de logiciels

Oui, vous l’avez bien lu. Je ne vous installerai plus aucun logiciel. Jamais. À une époque, j’étais déjà payé pour le faire, et c’était la partie la plus naze de mon job, celle que je détestais le plus : faire fonctionner des choses pour les gens qui ne voulaient pas savoir comment elles marchaient. Mon boulot, en tant qu’informaticien, est de faire mon possible pour que le flux d’informations soit continu dans la société dans laquelle je travaille. Ça comprend la mise à jour et la maintenance d’architectures systèmes complexes, mais également l’interaction avec des gens qui ne veulent pas s’emmerder à comprendre. Ils pensent qu’ils sont au-dessus de ça, que leur boulot est de vendre des trucs et que l’informatique traîne juste sur leur chemin vers leur objectif, ou qu’il existe une sorte de groupement secret d’ordinateurs dont le but est de saboter leur job.

Je serais fier que ça soit le cas ; au moins, les ordinateurs pourraient essayer de faire comprendre aux gens qu’ils se débrouillent mal. Mais ce ne sont que des machines de traitement de l’information : elles font exactement ce qu’on leur demande. Elles ne prennent pas d’initiatives, ne travaillent pas dans votre dos. Ce sont de délicates machines que nous avons conçues pour vous faciliter la vie, pas pour la compliquer. J’admets que nous n’avons pas tout réussi à ce niveau, qu’il y a des problèmes avec certaines interfaces que vous utilisez pour travailler. Mais alors, vous venez me voir et vous vous contentez de gueuler, comme si c’était une évidence, et que nous existions seulement pour vous rendre heureux (trouvez-vous une vie si c’est le cas) :

« Ça marche pas. »

Ok, super. C’est pas un rapport de bug, ça va vers /dev/null. « Ça » peut représenter un tas de trucs (du clavier au mainframe sur lequel vous êtes connecté, il y a au moins 10 systèmes que vous utilisez quotidiennement chaque jour sans même vous en rendre compte, et chacun d’entre eux peut être un « ça ». Ou n’importe quelle partie de l’un d’entre eux pourrait être ce « ça ». C’est comme entrer dans le service comptabilité et crier « Y’a un problème. ». Ils vous ignoreront probablement, et auront raison de le faire. Et vous allez faire quelques recherches pour trouver ce qui ne semble pas aller dans ce rapport financier, et pourquoi. Ça vous prendra probablement une bonne partie de la journée avant que vous puissiez formuler la problématique pour la soumettre. Pourquoi vous ne feriez pas la même chose avec les ordinateurs ? Ils sont remplis de messages d’avertissements et d’erreurs, vous savez, ceux sur lesquels vous cliquez à la vitesse de la lumière sans les lire. Les logiciels et composants ont des noms et numéros de versions extrêmement faciles à trouver, et des messages d’erreurs explicites (au moins pour moi). Alors pourquoi ne m’envoyez-vous pas un rapport de bug documenté, comme vous le feriez pour n’importe quel autre problème que vous rencontreriez ?

Vous allez me dire « J’y connais rien à ces ordinateurs. ». C’est vrai, ça n’est pas grave, mais ça veut dire que vous ne voulez pas que cette situation évolue. Vous reviendrez me voir dans deux semaines avec exactement le même problème, sans avoir fait l’effort d’apprendre à son sujet et de tenter de le résoudre. Et vous ne connaissez rien aux problèmes financiers, mais vous allez tenter de comprendre comment ça fonctionne, et d’apprendre. Alors l’argument qui vient ensuite, « Je suis pas ici pour apprendre. », est un mensonge. Vous apprenez chaque jour au travail, c’est pour cela que vous êtes meilleur aujourd’hui qu’il y a deux ans.

Alors, basiquement, je suis confronté quotidiennement à des gens qui ne veulent pas apprendre. C’est pour cela que je ne vous installerai plus aucun logiciel, parce que si vous le faites vous-même, vous apprendrez et comprendrez comment les choses fonctionnent.

Laissez-moi vous expliquer

Je vais pourtant passer beaucoup de temps à répondre à toutes vos questions. Vous devez savoir que la plupart des questions que vous me poserez seront triviales pour moi, et c’est pourquoi je vous donnerai une claque dans la gueule avec un « Read That Fucking Manual », et autres « va chercher sur le web, la réponse est sur la première page de résultats ». Je fais ça parce que ces questions sont inintéressantes pour moi, et parce que vous devez apprendre à apprendre par vous-même.

Je suis un farouche défenseur de la libre connaissance. Alors je tente de la partager avec ceux qui le veulent. Vous ne voulez pas faire cet effort mental ? Allez crever. Je ne me bougerai pas pour vous aider. Un jour, peut-être, vous viendrez me voir en me demandant comment contourner ce foutu DRM, ou comment naviguer sans être surveillé. J’essaierai de ne pas être rancunier, et je tenterai de vous expliquer exactement les mêmes choses que vous ne vouliez pas savoir auparavant. Alors je ne vais même pas essayer d’expliquer des choses à ceux qui ne posent pas de questions. C’est une perte de temps pour chacun, j’ai des choses plus importantes à faire, et vous avez probablement du porno à regarder.

Parce qu’il s’agit du problème principal. Vous pensez que l’informatique ou la connaissance ne sont pas nécessaires tant que vous avez ce que vous voulez. Mais un citoyen sans cerveau n’est pas plus un citoyen qu’un bovin (et les bovins sont vraiment stupides) ou un mouton, qui suit la masse parce que la masse sait probablement ce qui est bien pour elle. Qui la suit en étant heureux d’être un mouton dans l’enclos, jusqu’à ce que vous voyiez le couteau du boucher. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard et que vous mouriez terrifié avec le reste du troupeau, alors que le mouton noir criera « Je vous avais prévenu. Je vous ai averti. Et vous n’avez pas voulu écouter, vous avez ce que vous méritez ». Le mouton noir ne rira pas, il ne sera pas heureux. Même si vous lui aurez lancé de la merde au visage, même si vous avez ri de lui parce qu’il était maladroit à l’école, préférant parler avec les ordinateurs plutôt qu’aux moutons ordinaires.

Voici comment je me sens, à chaque fois que quelqu’un me demande « C’est quoi, ACTA ? », ou « Je suis emmerdé par tes conneries d’ordinateur ». Je suis triste parce que c’est ce qui nous a conduit là où nous en sommes. Avec des intérêts privés surpassant les publics. Avec des banques qui dirigent les États. Avec des industries culturelles tentant de se protéger, de faire passer des lois, et de fermer des sites web. C’est pour ça que j’enrageais contre vous quand Megaupload a été coupé par des compagnies étrangères. J’étais triste parce que nous avons tenté de vous avertir. Vous avez forcément entendu le message (avec Telecomix, nous avons touché la plupart des journaux nationaux d’Europe, même le Wall Street Journal a parlé de nous à propos d’ACTA), donc vous savez. Vous avez juste pensé que ce genre de saloperies n’arriveraient pas parce que ce sont des idées tristes, et que ça aurait changé votre humeur de la journée et la façon dont vous regardez le monde.

Vous ne voulez pas être brûlé par le monde extérieur. C’est compréhensible. Mais alors arrêtez de vous en plaindre. Ou tentez d’améliorer les choses.

Voici ce qu’on va faire

Nous. Les Hackers. Les gens bizarres en ville. Je peux parler pour chacun d’eux, autant qu’ils le peuvent pour moi. J’ai grandi dans un monde qui n’était pas fait pour moi. Je suis assez grand et très mince. J’ai été seul la majeure partie de mon temps à l’école, au moins jusqu’à mon bac. Alors j’ai utilisé tout le temps que vous avez gaspillé à aller faire la fête, à draguer des filles (ou des mecs, ou des poneys, NdR), à apprendre. J’ai appris à assembler moi-même mon ordinateur, à utiliser Linux à la manière forte (à l’époque des débuts d’Internet, j’avais besoin d’un autre ordinateur pour lire la documentation) avec personne pour m’aider. Je ne m’en plains pas, j’ai beaucoup appris. Et j’ai fait ça parce que je désirais savoir comment les choses fonctionnaient. Je voulais démonter le moindre objet pour l’adapter selon mes besoins. Vous faisiez l’exact opposé : vous vous adaptiez à votre environnement. Vous vouliez le truc que tout le monde voulait, vous laissez des personnes décider de votre avenir.

Nous, pendant ce temps, nous cherchions à comprendre comment le monde fonctionnait pour pouvoir le changer. Nous voulons le changer car il est défectueux, il ne fonctionne pas d’une façon qui convient à l’humanité. Alors nous apprenons. Lorsqu’une loi dont nous pensons qu’elle nuirait à certaines libertés apparaît dans un parlement, nous apprenons les processus démocratiques en Europe, au Sénat américain, au Parlement français. Nous avons appris comment sont faites les lois, nous avons lu d’immenses quantités de papier que personne n’était supposé lire, nous avons trouvé des failles et nous les avons exploitées pour tenter de subvertir le système. Nous réussissons par la connaissance, c’est notre arme. C’est pourquoi nous donnons beaucoup de conférences, de meeting formels ou pas, c’est pourquoi j’aime aller au CCC pour rencontrer des gens et apprendre ce qu’ils ont fait lors de l’année passée.

Un monde sans une totale ouverture et un partage libre de la connaissance est un monde que nous rejetons fermement.

C’est pourquoi je pleurais lorsque l’on me disait « Ferme-la, j’ai pas envie de savoir. ». Et puis j’ai appris à gérer la pression, le stress, la tristesse (merci à Hosni Moubarak et Bashar El Assad pour ça). Je ne me sens pas triste ou désolé lorsque mes compagnons humains meurent dans les rues pour leurs idées. Alors je ne pleurerai plus lorsque vous me demanderez de « réparer ces maudits trucs rapidement, je veux mon porno », ou quand je vous répéterai « Va brûler en enfer, va chercher sur le web, je me fous de ton porno », ou qu’un nouveau Megaupload arrivera, ou que vous ne serez plus capables de vous exprimer en sûreté en ligne. Ouais, c’est ce qui est en train d’arriver. Mais vous êtes trop fainéants pour le combattre. Je ne me torturerai plus la vie avec ça, je la vivrai, je ferai des trucs funs, j’essaierai de répondre aux questions que vous pourriez poser, mais je n’installerai pas ce foutu client Tor sur votre ordinateur.

16 réflexions au sujet de « [Traduction] Je ne vous installerai plus de logiciels »

  1. It’s it’s it’s… beautiful !

    Juste un remarque supplémentaire : utiliser TOR pour regarder du pr0n est une chose totalement aberrante de nos jours quand je pense que des gens (Chine, Syrie, Best korea) en auraient VRAIMENT besoin pour leur vie.

    • Parfaitement d’accord, mais dans l’esprit du billet, le consommateur de porno est « celui qui ne veut pas apprendre », et que le jour où il a besoin de Tor, c’est qu’il est passé au niveau au-dessus.

    • Pas d’accord : l’intérêt du réseau TOR est aussi de regrouper des gens qui ont des usages différents, afin de cacher davantage l’activité de chacun.

      Le gars qui fait du bruit avec son pr0n sur TOR, il aide à camoufler l’activité des militants qui risquent leur vie. Et si en plus il monte un relais TOR (voire, un noeud de sortie), c’est positif pour l’ensemble du réseau TOR.

      Enfin, dans un pays où le pr0n serait illégal et passible de peine de mort, en regarder est un acte militant. :)

  2. Billet excessif. Je comprend le principe, considérer que chacun devrait se prendre en main, mais c’est un peu a côté de la plaque. Tout le monde dans tous les métier peu se plaindre de la même chose. Quand on sait faire quelque chose au point que ça en est naturel, on considère que tous devraient comprendre ces choses simples.

    Mais ces choses ne sont pas simple. Et l’apprentissage est complexe, très complexe quand on a pas la tournure d’esprit ou la culture afférente.

    Cette réaction contribue à la création d’une élite déconnectée.

    • Pour ta dernière phrase, c’est vrai. Mais c’est une élite ouverte. Le seul reproche qu’on puisse lui faire est de laisser volontairement de côté ceux qui ne veulent pas apprendre. Je ne vois pas au nom de quoi je devrais vouer ma vie à aider l’humanité, c’est pas ma vocation (ni celle d’Okhin). On aime partager nos connaissances, mais on s’est rapidement rendus compte que tenter de partager à des gens qui n’en voulaient pas était une perte de temps. C’est donc un simple choix pragmatique.

      Le drame, c’est que les gens ne veulent pas savoir. C’est parfaitement déprimant, car, même si ce n’est écrit nulle part, savoir réfléchir est un devoir de citoyen, nécessaire à l’exercice de la citoyenneté. Et dans ce rôle, les hackers ne sont pas un mal. Ils aident ceux qui font un minimum d’effort pour s’aider eux-mêmes, c’est tout.

      • Je suis assez d’accord avec Shimegi. Pour ma part, j’ai le cul entre deux chaises: j’adore « l’éthique hacker » (pour peu que ça existe) et l’open-source, mais d’un autre côté, ça fait vingt ans que j’essaie de programmer et y’a pas, ça ne rentre juste pas. Je ne dois pas voir le cerveau câblé pour cela.

        Alors oui, il y a quelque chose d’absolument frustrant à devoir répéter à des gens qui gagnent le double de son salaire comment utiliser Powerpoint quand on code en Mindfuck et qu’on s’amuse à recompiler du kernel linux pour s’amuser. Mais le problème, dans ce cas, ce n’est pas que les gens ne savent pas hacker, mais plutôt que les hackeurs sont sous-employés (ou surqualifiés, c’est selon).

        Sebsauvage avait récemment écrit un billet dans lequel il disait que c’était contre-productif de vouloir faire travailler un habitué de MS Office sur LibreOffice, parce que ça allait le frustrer et lui rendre rébarbatif le concept d’open-source.

  3. C’est, à mon sens, un problème générationnel.
    La génération qui bosse, celle au pouvoir, n’est pas née dans l’informatique. Elle en a peur parce qu’elle ne le comprend pas (ou refuse de le comprendre, pour suivre la logique du billet).
    Ma génération (j’ai 20 ans) est née ou a grandi avec l’informatique. Je ne dis pas que nous sommes tous experts, loin de là ; cependant je pense que la part de gens non familiarisée avec l’informatique va fortement diminuer dans les vingt prochaines années. Quand notre génération informatisée accédera « au pouvoir » si je puis dire.

    Si internet n’a pas été fermé d’ici là.

    PS: Un ami a écrit un bon truc plus ou moins en lien ici : http://lepuzzle.eu/2012/01/23/christophe-barbier-les-vieux-internet-et-ta-mere

    • Ouais ouais c’est ça : les jeunes savent, les vieux sont largués…
      A d’autres.
      J’ai bientôt 48 berges, support informatique (entre autres) dans ma boîte, et je passe des plombes à expliquer des machins super évidents à des myriades de gamins (collègues entre 20 et 25 ans, des « digital natives » paraît-il) qui se prennent pour des as du clicodrome et sont simplement infoutus de lire correctement un écran – c’est sûr c’est en 2 dimensions avec plein de pubs qui tournent avec des couleurs agressives, et au milieu des bouts de texte qu’il faut LIRE ! Horreur !
      Les nains de ton âge sont juste plus difficiles à convaincre qu’il faut parfois se faire du mal pour comprendre et faire bien, parce que justement le discours ambiant leur serine à longueur de journée, de mois et d’année que « les jeunes » comprennent tout à l’informatique à la bureautique à l’Internet et au n4x0rage de la mort qui tue sans avoir à apprendre quoi que ce soit, et qu’à l’opposé tout individu dépassant 35 ans est un _vieux_ né au temps des montres à aiguilles et des téléphones à cadrans, donc génétiquement conçu pour ne rien y entraver du tout, on y peut rien c’est comme ça.
      Avec ce genre de zozo ça traîne pas, au premier sourire narquois j’ai quelques recettes de mon cru pour te me les faire revenir tout penauds « heuuu dis tu peux venir voir, mon ordinateur y marche pu… » « Ben dis poulet, je croyais que tu savais te démerder comme un chef… hmmm ? »
      BOFH

  4. Oula… Y’en a qui se sont levé du pied gauche ^^ Certains passage me rappelle mon expérience en tant que support bureautique. Un commercial m’avait particulièrement gonflé et m’avait sorti un magnifique « oui mais moi je ne suis pas informaticien » ! La réponse a été immédiate : « Tu sais écrire avec un stylo ? Ben pourtant t’es pas écrivain… ben là c’est pareil ».
    Nan mais c’est vrai on ne devrait pas laisser les enfants entrer au collège sans avoir quelques notions d’informatique, c’est aussi important que lire, écrire, compter.
    Quand au partage de la connaissance, le problème est parfois un manque de vulgarisation. J’avoue que même moi parfois je nage quand je suis dans des évènements libristes, alors j’imagine des gens peu familier de la philosophie hackers, ça fait vite peur tout ces barbus qui parlent avec des mots qu’on comprend pas.
    Nous avons nous aussi un effort à faire de vulgarisation, de se mettre à la porter de nos interlocuteurs, en adaptant nos exemples et notre discours à ce qu’ils connaissent et maîtrisent, ce qui je le reconnais est vraiment pas évident. A force de salon et d’Ubuntu-Party j’arrive à peu près à me faire comprendre (et parfois je rame total) du grand public. Vous devriez venir un jour ^^ ça vous tente pas une petite conf ? (on ne sait jamais je place)
    Mais sinon c’est quoi l’avantage d’utiliser tor pour regarder du pr0n ? la navigation privée ça sert pas à ça ?

  5. Si je comprend tout à fait la réaction, je ne la partage pas. Il faut rabâcher et rabâcher, expliquer et traduire des concepts techniques pour que les profanes intègrent dans leur référentiel qu’ils existent, voir même puissent envisager le début, du commencement de la nécessité d’apprendre.
    Toute la démarche du hacker doit tendre à initier ce début. Après, il peut répondre RTFM, mais seulement après.

  6. C’est beau, bien écrit et c’est vrai ! Tu as réussi à mettre des mots sur ce que pas mal de monde essaie d’exprimer…
    Seul bémol, des fois, on a peur de tout casser… (bon je charrie, on en a parlé il y a peu…)

  7. Ping : Semaine #06 (2012) – Partie 2/3 | Grokuik

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